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Salaire ou dividende : comment vous rémunérer quand vous dirigez votre Sàrl

Eric Bruyndonckx

Salaire ou dividende : vous dirigez votre Sàrl, vous détenez vos parts, et la question revient chaque année au moment du bouclement. Faut-il augmenter votre salaire, ou vous verser un dividende ?

La réponse tient en une phrase. Le dividende coûte moins cher en charges sociales, le salaire construit votre retraite et votre couverture ; le bon arbitrage dépend du salaire que votre fonction justifie, pas du montant que vous aimeriez éviter de cotiser.

Encore faut-il savoir ce que chaque franc coûte réellement, et jusqu’où la loi vous laisse descendre. Vous trouverez ici les taux 2026, un cas chiffré complet, et surtout le critère que les caisses AVS appliquent avant de requalifier un dividende en salaire.

En bref

Le salaire rémunère votre travail : il est déductible du bénéfice de la société, mais il supporte les charges sociales. Le dividende rémunère votre capital : il n’est pas déductible et il est prélevé sur un bénéfice déjà imposé, mais il échappe aux cotisations.

En pratique : versez-vous un salaire cohérent avec votre fonction, puis complétez en dividende si le bénéfice le permet. Le dividende économise 12,8 % de cotisations jusqu’à CHF 148’200.- de salaire (10,6 % au-delà, l’assurance-chômage n’étant plus prélevée), et davantage une fois comptées les allocations familiales : 15,7 % dans notre exemple valaisan. Mais il ne construit ni rente AVS, 13ᵉ mensualité comprise depuis 2026, ni capital de prévoyance, et un salaire manifestement trop bas expose à une requalification.

Salaire ou dividende : dirigeante de Sàrl suisse surprise par le montant des charges sociales sur sa fiche de salaire

Combien coûtent réellement les charges sociales sur un salaire ?

Sur un salaire, vous versez 10.6 % d’AVS, AI et APG, répartis pour moitié entre la société et vous, soit 5.3 % chacun. L’assurance-chômage ajoute 2.2 % jusqu’à CHF 148’200.- de salaire annuel, également partagés (OFAS, cotisations 2026).

À cela s’ajoutent la LPP, dont le taux dépend de votre âge et de votre plan, ainsi que l’assurance-accidents. Autrement dit, un franc de salaire mobilise environ un franc quinze à un franc vingt de trésorerie pour la société, part employeur comprise. Cette charge n’est pourtant pas perdue : elle finance votre rente AVS, qui compte une 13ᵉ mensualité depuis le 1er janvier 2026 versée chaque décembre, ainsi que votre capital LPP. C’est aussi ce poste qui pèse le plus dans le coût réel de votre comptabilité et de vos charges annuelles.

Reste à comprendre pourquoi le dividende, lui, échappe entièrement à cette mécanique.

Pourquoi le dividende est-il moins taxé ?

Parce que le bénéfice a déjà supporté l’impôt sur le bénéfice. Pour éviter de taxer deux fois la même somme, la loi ne retient qu’une part du dividende dans votre revenu imposable : 70 % au niveau fédéral et au minimum 50 % dans les cantons, à condition que vous déteniez au moins 10 % du capital (AFC, imposition des personnes morales, état au 1er janvier 2026).

Le taux dépend de la fortune dans laquelle vos parts sont détenues

Attention à une confusion fréquente. Si vous les détenez à titre privé, ce qui est le cas d’un dirigeant qui possède sa propre Sàrl, Vaud retient 70 % (art. 23 al. 1bis LI). Toujours à Vaud, le taux de 60 % ne vise que les parts détenues dans la fortune commerciale (art. 21b LI).

Le dividende ne supporte en revanche aucune cotisation sociale. Il ne construit donc ni rente, ni capital de prévoyance.

Le chômage que vous payez sans jamais y avoir droit

Un point que presque personne ne dit : en dirigeant votre Sàrl et en détenant vos parts, vous cotisez à l’assurance-chômage (1,1 % part salariée) sans jamais pouvoir en toucher les prestations. Les associés d’une Sàrl et les administrateurs d’une SA occupent une « position assimilable à celle d’un employeur » : la caisse leur refuse l’indemnité sans autre examen, et ce droit ne se rouvre qu’en cas de départ définitif de la société (art. 31 al. 3 let. c LACI par analogie ; directive LACI IC, ch. B14 à B17). Un argument de plus à mettre dans la balance quand on hésite à monter son salaire. Le bénéfice distribué a par ailleurs déjà supporté l’impôt sur le bénéfice de votre canton.

Ce que chaque mode de rémunération vous laisse

Mis côte à côte, les deux modes de rémunération ne s’opposent pas seulement sur le coût immédiat : ils n’ouvrent pas les mêmes droits.

Salaire et dividende : ce qui change vraiment pour vous
CritèreSalaireDividende
Charges sociales10.6 % AVS/AI/APG + 2.2 % chômageAucune
Déductible du bénéficeOuiNon
Base imposable chez vous100 %70 % pour l'impôt fédéral ; taux cantonal variable (VD 70 %, VS 60 %)
Rente AVSAugmente jusqu'au plafond du revenu annuel moyen déterminant de la carrière (CHF 90'720.-, rente maximale) ; aucun effet au-delàAucun effet
Capital LPP et rachatsAugmente la baseAucun effet
Droit au chômageCotisé, mais fermé tant que vous dirigez et détenez la sociétéAucun
Disponible chaque moisOuiEn principe après le bouclement (dividende intermédiaire possible depuis 2023, art. 675a CO)
Exige un bénéficeNonOui, et une décision d'assemblée

Salaire ou dividende : jusqu’où pouvez-vous baisser votre salaire ?

Les caisses de compensation appliquent les Directives sur le salaire déterminant : un rendement égal ou supérieur à 10 % de la valeur fiscale de vos parts est présumé disproportionné (chiffre 2018). Si, en plus, votre salaire est anormalement bas, la caisse convertit le dividende en salaire jusqu’à concurrence du salaire usuel de la branche (chiffre 2015), et non pour tout ce qui dépasse ces 10 % (Directives DSD).

Attention à la base de calcul : c’est la valeur fiscale de vos parts, pas leur valeur nominale. Elle se détermine selon la circulaire CSI n° 28. Elle dépend des bénéfices normalisés des exercices précédents et de la substance de la société : elle doit être calculée, on ne peut pas supposer qu’elle dépasse largement le capital social.

Un effet à connaître, à double tranchant : la valeur fiscale se calcule pour deux tiers sur le rendement de la société. Retenir du bénéfice au lieu de le verser en salaire l’augmente donc mécaniquement, année après année, et le seuil des 10 % monte avec elle : cela vous éloigne de la présomption de disproportion, mais gonfle en contrepartie votre impôt sur la fortune.

La condition qui vous protège

Le Tribunal fédéral a posé une exigence que la caisse doit satisfaire d’abord : démontrer que votre salaire est anormalement bas au regard des usages de votre branche, à fonction, formation et taille d’entreprise comparables (ATF 145 V 50).

Un salaire cohérent avec votre métier reste donc défendable, même accompagné d’un dividende confortable. Attention toutefois : dans cet arrêt, le Tribunal fédéral a confirmé la requalification de deux médecins qui se versaient environ CHF 140’000.- de salaire et CHF 250’000.- de dividendes chacun. ▸ À noter : la reprise finalement retenue a porté sur CHF 112’114.- pour les deux médecins et deux exercices, soit environ 11 % des dividendes, et non sur leur totalité. Un salaire élevé en valeur absolue ne suffit pas : c’est sa cohérence avec la fonction et la branche qui compte. ▸ Mais l’arrêt dit aussi l’inverse, et c’est ce qui vous protège : le Tribunal fédéral y a refusé la requalification automatique de tout dividende dépassant 10 %, que réclamaient la caisse et l’Office fédéral. Cette règle « ne peut pas être appliquée schématiquement, mais seulement en appréciant le cas concret ». Il a d’ailleurs rejeté les deux recours : celui de la société, mais aussi celui de la caisse, qui voulait reprendre davantage. C’est ce niveau de salaire usuel qu’il faut établir avant de décider quoi que ce soit, et le vérifier chaque année au moment du bilan annuel.

Que donne l’arbitrage en chiffres ?

Reste à voir ce que cet arbitrage donne en francs, sur une société qui dégage un bénéfice confortable.

Exemple chiffré : ce que l’arbitrage rapporte vraiment

Un cas concret vaut mieux qu’un principe. Comparons la même société selon deux stratégies de rémunération. Scénario fictif, fondé sur les taux AVS, AI, APG et chômage applicables en 2026.

Imaginons une consultante qui détient 100 % de sa Sàrl. Avant son salaire et les charges patronales correspondantes, la société réalise un résultat de CHF 180’000.-. Son capital social s’élève à CHF 20’000.-.

Avec un salaire de CHF 150’000.-

La société supporte CHF 9’580.- de cotisations patronales AVS, AI, APG et chômage : 5,3 % sur l’intégralité du salaire et 1,1 % jusqu’au plafond de CHF 148’200.-. La salariée supporte le même montant. Les cotisations réunies atteignent donc CHF 19’160.-. Après le salaire et les charges patronales, il reste à la société environ CHF 20’420.- avant LPP employeur, allocations familiales, assurance-accidents et frais de caisse, qui viennent encore réduire ce solde.

Avec un salaire réduit à CHF 60’000.-

Les cotisations tombent à CHF 3’840.- pour la société et autant pour la salariée, soit CHF 7’680.- au total. La diminution brute des cotisations atteint donc CHF 11’480.-, et le solde passe à environ CHF 116’160.-, là encore avant LPP employeur, allocations familiales, assurance-accidents et frais de caisse.

Pourquoi ces CHF 11’480.- ne sont pas une économie

Ce bénéfice doit encore supporter l’impôt sur le bénéfice avant de pouvoir être distribué, et la consultante devra déclarer le dividende dans son revenu personnel. Elle cotisera aussi moins à la prévoyance professionnelle : dans le régime obligatoire, le salaire coordonné LPP est plafonné à CHF 64’260.- (atteint dès CHF 90’720.- de salaire), contre CHF 33’540.- avec un salaire de CHF 60’000.-. L’effet exact dépend de son âge et du plan de prévoyance de la Sàrl.

Et le risque de requalification

Le seuil ne se calcule pas sur le capital social de CHF 20’000.-, mais sur la valeur fiscale des parts, déterminée notamment selon la circulaire CSI n° 28. Cette valeur dépend des bénéfices normalisés des exercices précédents, de la substance de la société et, dans une entreprise de conseil, de sa dépendance envers le travail personnel de l’associée. Elle doit donc être calculée : on ne peut pas supposer qu’elle atteint plusieurs centaines de milliers de francs.

La pratique examine ensuite deux conditions. Le dividende représente-t-il un rendement excessif, apprécié par rapport à 10 % de la valeur fiscale des parts ? Et le salaire de CHF 60’000.- est-il anormalement faible pour une consultante expérimentée assumant seule l’activité et la direction de la société ? Une requalification suppose en principe que les deux conditions soient réunies.

Et si elle intervient, elle ne porte pas que sur l’année en cours : la caisse peut réclamer les cotisations jusqu’à cinq ans en arrière, avec intérêts moratoires (art. 16 al. 1 LAVS). C’est ce qui rend l’arbitrage coûteux quand il est mal posé, bien plus que l’économie annuelle qu’il visait.

Le calcul révèle donc une diminution brute de CHF 11’480.- de cotisations, mais pas une économie nette du même montant. Pour connaître l’avantage réel, il faut intégrer l’impôt sur le bénéfice, l’impôt personnel, les autres charges sociales et la perte de prévoyance.

Le cas de Luc : pourquoi le meilleur salaire n’est pas le plus bas

L’économie de cotisations n’est pas le gain final. Voici ce qu’il en reste une fois l’impôt payé. Le cas ci-dessous concerne une SA ; le mécanisme est identique pour une Sàrl, la loi visant aussi bien les actions que les parts sociales.

Luc dirige sa SA à Sion et en détient la totalité. Célibataire, sans enfant, il se versait CHF 140’000.- de salaire brut. Au bouclement, son premier réflexe : baisser fortement ce salaire pour se rémunérer en dividendes.

Nous avons d’abord cherché la rémunération que son travail justifiait réellement, au regard de ses responsabilités, de son taux d’activité et des usages de sa branche. Un salaire de CHF 120’000.- restait défendable. C’est ce montant qui a été retenu, plutôt qu’un salaire artificiellement bas qui aurait attiré l’attention de la caisse de compensation.

Ce que devient vraiment la tranche retirée du salaire

Les CHF 20’000.- retirés du salaire ne se transforment pas en CHF 20’000.- de dividende. La société économise CHF 1’836.- de charges patronales (9,18 % en Valais : AVS-AI-APG 5,3 + chômage 1,1 + allocations familiales 2,5 + fonds cantonaux 0,28 ; s’y ajoutent les frais d’administration de la caisse et la prime d’accidents, propres à chaque entreprise), son bénéfice avant impôt augmente donc de CHF 21’836.-, et il reste CHF 19’240.- distribuables une fois l’impôt sur le bénéfice acquitté : en Valais, il ressort à 11,89 % sur cette tranche, soit CHF 2’596.- : 8,5 % d’impôt fédéral (art. 68 LIFD), 2,25 % cantonal (art. 89 LF) et 2,75 % communal (art. 180a LF), l’impôt étant lui-même déductible , un taux valable pour la première tranche de bénéfice (jusqu’à CHF 250’000.-) ; au-delà il passe à 16,98 %. Et il ne s’agit pas d’un avantage sédunois : en Valais le taux communal est fixé par la loi (art. 180a LF), sans coefficient communal, ce taux vaut donc dans toutes les communes du canton.

Ce que Luc économise, lui

Côté Luc, les cotisations salariales ne suivent pas exactement le même taux : il paie 6,53 % (AVS-AI-APG, chômage et 0,13 % d’allocations familiales), contre 9,18 % pour la société. Les charges sociales ne sont pas symétriques , l’employeur en supporte davantage. Sur la tranche de CHF 20’000.- retirée, Luc économise donc CHF 1’306.-. Le compte avant impôt personnel se pose alors ainsi :

  • Tout salaire : CHF 140’000.- moins CHF 9’142.- de cotisations, soit CHF 130’858.-
  • Salaire et dividende : CHF 120’000.- moins CHF 7’836.- de cotisations, plus CHF 19’240.- de dividende, soit CHF 131’404.-

Avant impôt, l’écart n’est que de CHF 546.- sur des revenus de plus de CHF 130’000.-. L’arbitrage ne se gagne pas là.

L’écart apparaît à l’impôt sur le revenu. Le salaire est imposé presque intégralement ; le dividende qualifié n’entre dans l’assiette qu’à hauteur de 60 % en Valais et de 70 % pour l’impôt fédéral direct, puisque Luc détient plus de 10 % de sa société. Sur CHF 19’240.-, le canton et la commune n’en retiennent que CHF 11’544.-, et la Confédération CHF 13’468.-.

Le gain réel, une fois tous les impôts payés

C’est l’assiette imposable qui fait la différence. Le salaire retiré diminue le revenu imposable de CHF 18’694.- (les CHF 20’000.- bruts, moins les cotisations économisées). Le dividende, lui, n’y entre qu’en partie.

  • Assiette cantonale et communale : CHF 7’150.- de moins (−18’694 + 11’544)
  • Assiette fédérale : CHF 5’226.- de moins (−18’694 + 13’468)

Au taux marginal d’un célibataire sans enfant à ce niveau de revenu à Sion, de l’ordre de 28 à 31 % pour l’impôt cantonal et communal et de 8,8 % pour l’impôt fédéral direct (barème 2026, tranche CHF 108’900.- à 141’500.-), l’économie d’impôt ressort entre CHF 2’460.- et CHF 2’680.-, à quoi s’ajoutent les CHF 546.- gagnés avant impôt.

Gain personnel final : de l’ordre de CHF 3’010.- à CHF 3’220.- sur l’année , très loin de ce que laissent espérer les simulations qui ne retiennent que l’économie de cotisations et oublient l’impôt supporté par la société. Le montant exact dépend du barème appliqué à sa situation : ces taux marginaux sont une hypothèse, pas une promesse.

La leçon de ce dossier tient en une phrase : la meilleure combinaison n’est pas celle qui maximise le dividende, c’est celle qui garde un salaire conforme au marché, préserve la couverture sociale, puis distribue raisonnablement le bénéfice restant.

Cas illustratif construit à partir de dossiers réels, chiffres arrondis, personne fictive. Le montant exact varie selon la caisse de pension, l’assurance-accidents et les autres déductions.

Nouveau depuis 2026 : les dividendes versés inégalement

Si votre société distribue des dividendes qui ne suivent pas la répartition des parts entre associés, les Directives sur le salaire déterminant prévoient depuis le 1er janvier 2026 un ordre de traitement précis (chiffre marginal 2018.1) : la caisse retranche d’abord la part qui rémunère le travail effectivement fourni par chacun, et ce n’est qu’ensuite qu’elle examine si le solde doit être partiellement converti en salaire. Autrement dit, une répartition inégale n’est pas un moyen de contourner la question du salaire : elle la pose en premier.

Le piège du calendrier

L'éclairage du comptable

Dans notre pratique, l'erreur la plus coûteuse ne vient pas du calcul mais du calendrier. Le dividende se décide après le bouclement et l'assemblée générale, sur un bénéfice constaté. Le salaire, lui, se fixe avant, et se verse toute l'année. Un dirigeant qui attend le bouclement pour arbitrer a déjà versé douze salaires : il ne lui reste qu'à constater. L'arbitrage se prépare en début d'exercice, pas en fin. Depuis 2023, un dividende intermédiaire est certes possible en cours d'exercice (art. 675a CO), mais il suppose des comptes intermédiaires, en principe vérifiés, et une décision de l'assemblée générale : il corrige un oubli, il ne remplace pas l'arbitrage.

Dirigeant soulagé après avoir fixé son arbitrage salaire-dividende en début d'exercice, calendrier à l'appui

Comment décider dans votre cas

Trois questions suffisent, dans cet ordre.

  1. Quel salaire votre fonction justifierait-elle chez un employeur tiers ? C’est votre plancher, et c’est le seul chiffre que la caisse examinera si elle conteste.
  2. Votre prévoyance est-elle déjà constituée, ou ces années comptent-elles encore ? Une rente AVS et un capital LPP ne se rattrapent pas après coup.
  3. Le bénéfice est-il récurrent ou exceptionnel ? Un dividende ponctuel sur un bon exercice n’engage rien ; une politique de salaire durablement bas, si.

L’arbitrage se prépare en début d’exercice, se documente, et se revoit chaque année. Ce n’est pas un calcul que l’on fait une fois, c’est une décision qui doit tenir dans la durée.

Mis à jour le 12 août 2026.

Article revu par Xavier Giard, cofondateur de WeCount SA.

Questions fréquentes

1. Puis-je me verser uniquement des dividendes ?

Rien ne l’interdit, mais votre caisse de compensation peut requalifier une partie du dividende en salaire si votre rémunération est anormalement basse pour votre fonction. Vous perdez par ailleurs toute progression de rente AVS et de capital LPP sur ces années.

2. Le dividende est-il soumis à l'AVS ?

Non, le dividende n’est pas un salaire déterminant. Il échappe donc aux cotisations AVS, AI, APG et chômage. C’est précisément ce qui pousse les caisses à contrôler la proportion entre salaire et dividende.

3. Quel salaire minimum dois-je me verser ?

Aucun montant légal ne s’impose. La référence est le salaire usuel de votre branche pour une fonction, une formation et une taille d’entreprise comparables. C’est ce critère que le Tribunal fédéral impose à la caisse de démontrer avant toute requalification.

4. Quand puis-je décider du dividende ?

Après la clôture des comptes et la décision de l’assemblée générale, sur un bénéfice constaté. Le salaire, lui, se fixe en début d’exercice : les deux décisions ne se prennent pas au même moment. Depuis 2023, un dividende intermédiaire est toutefois possible en cours d’exercice, sur la base de comptes intermédiaires et d’une décision de l’assemblée des associés ; la vérification par l’organe de révision n’est requise que si la société est soumise à une révision, restreinte ou ordinaire, et tous les associés peuvent y renoncer, à condition que le paiement des créanciers n’en soit pas compromis (art. 675a CO, applicable à la Sàrl par renvoi de l’art. 798 CO).

5. Le dividende subit-il un impôt au moment du versement ?

Oui. La société doit retenir 35 % du dividende brut au titre de l’impôt anticipé et le verser à la Confédération, puis vous ne touchez que les 65 % restants. Ce n’est pas une charge définitive : si vous êtes domicilié en Suisse et que vous déclarez correctement le dividende, ces 35 % vous sont restitués ou imputés sur votre impôt. En revanche, la trésorerie manque entre le versement et la restitution, ce qui compte quand le dividende finance vos dépenses courantes. Un dividende omis par simple négligence n’est pas perdu pour autant : depuis 2019, le remboursement reste possible si le revenu est déclaré ou repris avant l’entrée en force de la taxation (art. 23 al. 2 LIA). Seule l’omission intentionnelle entraîne la déchéance.

Ce qu'en disent nos clients

« Ils prennent le temps pour répondre à vos questions et vous aiguillent de la meilleure des manières. »
Anthony Maquet, avis Google

« Professionnels, disponibles, de bons conseils. Depuis qu’ils s’occupent de la comptabilité, je peux me concentrer sur l’essentiel, mes clients. »
Wilfrid Dusseaux, avis Google

Vous hésitez sur votre propre arbitrage ?

Eric Bruyndonckx est cofondateur (2018) et COO de WeCount SA, fiduciaire digitale à Pully. Il enseigne la comptabilité, le contrôle de gestion et la fiscalité d'entreprise à l'ETML-ES depuis 2005, soit vingt et un ans à expliquer des bilans. Au quotidien, il accompagne indépendants et PME romands sur la tenue comptable, la TVA, les salaires et les charges sociales, et les bouclements annuels. Plus de 177 entrepreneurs suivent WeCount depuis 2019.